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 L'INFP, le travail et le besoin de sécurité

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Ophélia
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Message(#) Sujet: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Jeu 02 Juin 2016, 10:43

Bonjour,

J'ouvre ce sujet car j'aimerais savoir comment vous faites pour survivre, en tant qu'INFP, dans le monde du travail aujourd'hui.

De mon côté, j'ai essayé plein d'emplois différents, et je vais de démission en démission. Clairement, je ne supporte absolument pas le monde du travail, que je trouve globalement con et stupide.

Je ne mets pas tout le monde dans le même panier, de nombreux métiers m'apparaissent utiles, surtout les métiers de proximité, d'artisanat, les PME... Mais le contexte politique fait que toutes ces personnes ont du mal à développer ou pérenniser leurs activités, et donc, proposent de moins en moins d'emplois.

A côté de ça, les grandes boites, qui elles ont plus de moyens, d'argent, de pouvoir de décision et d'extension, volent les secteurs aux personnes ci-dessus et s'imposent un peu partout, offrant des emplois que je trouve dénués de sens, bien souvent axés sur le seul et unique profit des actionnaires, et accompagnés de méthodes de management made in USA, qui infantilisent les employés.

Il reste encore la fonction publique, mais notre pays étant actuellement assiégé par une bande d'incompétents opportunistes, tous les secteurs de cette fonction s'en trouvent touchés, affectés même, et les emplois y perdent également peu à peu de leur sens. Ces emplois servent même de plus en plus à maintenir la bande d'incompétents en place, et remplissent de moins en moins leur objectif premier, qui était de veiller au bon fonctionnement de la société.

Maintenant me concernant, je ne vois pas l'intérêt de participer, par mon travail et mes efforts, à des structures nuisibles. Ça me fait l'effet de me tirer une balle dans le pied. Et je ne peux pas le faire non plus pour les autres. J'ai bien essayé de le faire, x fois d'ailleurs, par le passé, mais je finis toujours par rentrer radicalement en opposition avec la hiérarchie, et même avec le personnel, lorsque celui-ci est trop docile et se met à faire des choses réellement dangereuses, pour eux-mêmes et pour les autres.

Alors, on me conseillera certainement les métiers indépendants, pour me sortir de cette situation, et c'est ce que j'ai déjà mis en place depuis plusieurs années déjà. Le hic, c'est que les métiers indépendants, du moins, celui que j'ai choisi, ne m'apporte que de manière aléatoire une sécurité...

D'où ma question initiale : comment faites-vous ?
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Sylphira
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Jeu 02 Juin 2016, 11:22

Après c'est une question de choix. Soit on vit dans l'incertitude mais on travaille conformément à ses attentes et ses convictions. Soit on enfile le costume du travailleur et on va bosser. Il faut faire la balance entre risque - épanouissement - revenus. Il peut exister des compromis parfois, par exemple quelqu'un qui aimerait s'engager dans l'entre aide peut bosser auprès d'associations, faire du caritatif après son travail, ou arrondir les fins de mois avec de l'artisanat d'art. L'amertume n'aide pas à prendre les bonnes décisions de toute façon, je te conseille de prendre un peu de recul et de bien mettre tout à plat. Et puis ce n'est pas qu'une question de MBTI, tout le monde peut être confronté à ce genre de dilemme.

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Sambre
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Ven 03 Juin 2016, 10:25

C'est clair que à l'heure actuelle, le monde du travail est difficile, encore plus pour la jeune génération qui débarque avec ds diplômes, aucune expérience et se retrouve par démarrer au chômage, ou en emploi précaire.
En tant que INFP, c'est clair que ça m'a tout de suite fait déchanter. D'autant plus que j'ai jamais été fichue de m'adapter aux entreprises, ou à l’hôpital (études infirmières arrêtées).

J'ai eu une révélation en travaillant dans l'animation avec les enfants. Aujourd'hui e postule pour être adjoint d'animation à la mairie, mais je suis déjà en poste dans une école. Le mercredi je fais les centre aéré. J'ai jamais été aussi épanouie professionnellement.

Pas d'entreprise, pas de chiffres, des chefs cools qui n'en sont pas vraiment dans leur posture, des collègues bienveillants, des enfants qui te donnent la pêche, l'impression de faire quelque chose de bien, d'être créative, de transmettre mes valeurs.
Je me renseigne pour devenir ATSEM du coup, je pense que j'ai enfin trouvé mon secteur!
Tu vois, c'est possible encore aujourd’hui.

J'exerce des fonctions bien inférieures à mes diplômes mais je m'en fiche, j'aime ce que je fais.
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Sylphira
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Ven 03 Juin 2016, 10:59

@Sambre a écrit:
C'est clair que à l'heure actuelle, le monde du travail est difficile, encore plus pour la jeune génération qui débarque avec ds diplômes, aucune expérience et se retrouve par démarrer au chômage, ou en emploi précaire.
En tant que INFP, c'est clair que ça m'a tout de suite fait déchanter. D'autant plus que j'ai jamais été fichue de m'adapter aux entreprises, ou à l’hôpital (études infirmières arrêtées).

J'ai eu une révélation en travaillant dans l'animation avec les enfants. Aujourd'hui e postule pour être adjoint d'animation à la mairie, mais je suis déjà en poste dans une école. Le mercredi je fais les centre aéré. J'ai jamais été aussi épanouie professionnellement.

Pas d'entreprise, pas de chiffres, des chefs cools qui n'en sont pas vraiment dans leur posture, des collègues bienveillants, des enfants qui te donnent la pêche, l'impression de faire quelque chose de bien, d'être créative, de transmettre mes valeurs.
Je me renseigne pour devenir ATSEM du coup, je pense que j'ai enfin trouvé mon secteur!
Tu vois, c'est possible encore aujourd’hui.

J'exerce des fonctions bien inférieures à mes diplômes mais je m'en fiche, j'aime ce que je fais.

C'est tout à fait à ce genre de solution auquel je faisais référence ^^ Trouver "son" truc. ca demande connaissance de soi - pour savoir ce qui nous botte - et un peu d'audace, c'est vrai, pour tout plaquer et se lancer dans un autre domaine. Mais c'est possible! Puisque de toute façon, on peut pas changer la façon dont les choses tournent à petite échelle, autant chercher comment nous, on peut s'y intégrer. A froce ça brasse autour de nous en plus, et ça peut pousser des vocations chez nos proches. Sait-on jamais, avec l'effet papillon.
Honnêtement, je ne m’intègre pas très bien au monde du travail non plus, surtout dans le milieu professionnel dans lequel j'évoluais. Mais je cherche comment faire pour rester à peu près sur les rails et faire quelque chose qui me plaise. Ne pas avoir l'impression de crever à petit feu à chaque jour qui passe, en fait.

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CamilleG
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Ven 03 Juin 2016, 11:08

Bonjour Ophélia,

Alors je comprends bien ta position, ayant le même avis que toi sur beaucoup de secteurs.
* bosser dans une entreprise aux valeurs incompatibles avec les miennes (ex : faire de la m*** mais beaucoup de profit) = impossible
* travailler comme une acharnée juste pour gagner 100 euros de plus par mois = inutile, idiot (c'est mon avis, hein)
* être à 100% indépendante = trop angoissant pour moi - en tous cas au début (et puis je suis entourée d'entrepreneurs qui prennent des risques, c'est bien de varier laughing )

-> au final, après quelques années à "faire mes classes" dans le privé (càd être payée au lance-pierres pour 50 heures par semaine), j'ai choisi un travail tranquille et plutôt bien rémunéré, et créé ma structure à côté.
J'ai des petites missions qui me plaisent, peux choisir mes clients, et, qui sait, se développeront peut-être suffisamment pour que j'en vive dans quelques années.
En attendant, sécurité et un peu d'aventure à la fois. Smile

L'important me semble de prioriser tes valeurs. De quoi ne peux-tu pas te passer ? Qu'est-ce qui est important, mais un peu moins que cette 1ère valeur ?
Qu'est-ce qui arrive en dernier...etc. ?
Personnellement, le plus indispensable pour moi est la liberté, le niveau d'autonomie. Je préfère un poste a priori moyennement intéressant où je peux développer des projets, des initiatives, avec la confiance de la hiérarchie, à un poste dans un environnement follement stimulant où un chef psychorigide m'impose la couleur de mon fond d'écran (exagération).
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Ophélia
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Sam 04 Juin 2016, 13:47

Sambre,

Tiens, les diverses activités que je mène auprès des enfants de temps à autre me font le même effet que toi, c'est revigorant, et ça a du sens Smile

J'ai moi aussi un niveau de diplôme élevé, mais le fait que mon statut aujourd'hui soit bien inférieur à ce niveau me fait clairement chier.
J'ai investi du temps et de l'énergie dans ces études, et tout ceci me semble gâché, car non investi de manière utile quelque part.
Bien sûr, je ne suis pas la seule dans cette situation, la plupart des gens que je connais ont aussi des postes sous qualifiés, ou, pire, des postes en rapport avec leurs études mais où on leur demande de réaliser des trucs stupides du matin au soir...

Tout ceci me donne immanquablement l'impression d'un immense gâchis, gâchis de compétences et de connaissances non utilisées, ou alors, juste utilisées pour faire du fric ou maintenir en place coûte que coûte une société qui s'est figée, a peur de tout et ne veut plus avancer.
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Sam 04 Juin 2016, 14:07

Sylphira,

Je crois que vu le contexte, oser se lancer dans ce qui nous plait est encore ce qu'il y a de mieux à faire...

Perso j'ai fait ce choix il y a quelques années, et je me retrouve contrainte aujourd'hui, de temps à autre, à aller chercher un travail plus classique, notamment lorsque j'ai besoin d'un peu plus d'argent.

Le truc, c'est que ces excursions dans le monde du travail se terminent presque toujours de manière tragi-comique. Et que, pour avoir fréquenté de nombreux milieux différents, j'y retrouve toujours les mêmes constantes, en gros :

- une hiérarchie qui ne sait plus trop ce qu'elle fait, ni pour quoi elle le fait, y a plus trop de vision à long terme, ou de mesure des conséquences des décisions qu'on prend
- des personnes au-dessus de cette hiérarchie qui se font beaucoup d'argent (pour les grandes boites) ou maintiennent les privilèges qu'ils ont sans trop se fouler (pour le secteur public)
- un personnel qu'on secoue un peu dans tous les sens, avec qui on essaie globalement d'être gentil, mais qu'on contrôle toujours, et à qui on en demande toujours plus, et un personnel bis qui se plie à tout car il a de plus en plus peur de faire valoir ses droits et de se retrouver au chômage

De tout ceci ressort un grand malaise, à tous les niveaux d'ailleurs :
En bas de l'échelle, les gens dépriment de ne plus pouvoir faire leur travail correctement, au milieu, les cadres pètent un plomb à force de servir de bouclier humain ou d'éponge ou de filtre, et, tout en haut, les autres perdent tout sens des réalités à force d'acquérir pouvoir et argent.

Bon, je résume, mais c'est ce que j'observe à peu près partout, et en tant qu'INFP (guérisseur ?) bah ça me fait mal, j'ai mal aux autres, comme disait je sais plus qui, j'ai mal pour tout ce gâchis, j'ai mal de voir des gens malheureux qui dépriment, des gens qui se perdent, et des gens qui sont plus capables d’œuvrer pour leur propre intérêt et pour l'intérêt collectif, parce que faire l'un sans l'autre apporte toujours des problèmes à tout le monde, même si ceux-ci mettent du temps à apparaitre.

Et ça me fait chier aussi, pour ce qu'on va laisser aux générations suivantes derrière nous. Je trouve pas très correct de laisser tout ceci en l'état.
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Sam 04 Juin 2016, 14:28

CamilleG,

Même constat, même conclusion que toi, et j'ai adopté la même stratégie !

Mais là, à force de cumuler les emplois, j'en suis à me dire qu'il y a quand même un problème grave aujourd'hui dans le monde du travail, que celui-ci ne vient pas de moi, mais des choix qui y sont fait tous les jours. Et je ne cautionne pas ces choix car il manque de sens, rechercher le profit ou la docilité des gens sans rien d'autre, à la longue, quel intérêt ? Je trouve ça vain. Et je trouve aussi que ça ne mène nulle part.

Pour répondre à ta question, ce dont je ne peux pas me passer, c'est d'améliorer les choses. Alors tu penses bien que ça me pose des problèmes partout où je passe...
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Sam 04 Juin 2016, 18:33

J'ai fini par choisir d'ignorer complètement la société.
Mes études? je les ai faites pour moi, je les ai aimé, je les referaient volontiers! (le stress des exams en moins, mais ceci est une autre histoire)!

La société se meurt, le travail diminue, il y en aura de moins en moins, on sert à rien de toutes façons! Alors au lieu de déprimer à cause de la société, autant profiter de leur déchéance pour s'épanouir! Tu verras la vie sera plus belle et moins compliquée, je te le promet.

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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Lun 06 Juin 2016, 13:06

@Ophélia a écrit:
Mais là, à force de cumuler les emplois, j'en suis à me dire qu'il y a quand même un problème grave aujourd'hui dans le monde du travail, que celui-ci ne vient pas de moi, mais des choix qui y sont fait tous les jours. Et je ne cautionne pas ces choix car il manque de sens, rechercher le profit ou la docilité des gens sans rien d'autre, à la longue, quel intérêt ? Je trouve ça vain. Et je trouve aussi que ça ne mène nulle part.
A quels choix fais-tu référence en particulier ?
Si tu veux dire que le monde du travail est assez désincarné, utilisant les humains comme outils générant du profit, je suis assez d'accord mais c'est difficile d'imaginer quelle pourrait être l'alternative. Ou plus exactement, chaque alternative aura d'autres défauts, parfois même pires.
Par exemple, les structures associatives centrées autour d'un idéal et non d'une rentabilité sont parfois plus asservissantes humainement que des entreprises qui demandent simplement d'user ses compétences pour développer la structure.
Je pense aussi que la société et le monde du travail sont en général basées sur le "plus grand nombre". L'organisation de beaucoup de boulots convient à l'écrasante majorité des gens qui cherche à gagner sa croûte et se payer quelques loisirs une fois sortie du bureau (cette phrase n'est pas méprisante).

Si ce système ne te convient pas, c'est probablement parce que tu attends plus d'un travail : qu'il ait un sens par rapport à tes valeurs, notamment.
C'est une exigence qui demande effectivement de s'adapter, car elle est plus minoritaire. 
Même si de récentes études montrent que de plus en plus de salariés souffrent d'"aquoibonisme" et préfèrent des jobs moins payés mais plus satisfaisants pour le développement personnel qu'auparavant.


Ophelia a écrit:

Pour répondre à ta question, ce dont je ne peux pas me passer, c'est d'améliorer les choses. Alors tu penses bien que ça me pose des problèmes partout où je passe... 
Ah oui, vaste sujet ! Smile
Dans un milieu donné, si on veut changer des pratiques, on rencontre grosso modo toujours 3 types de personnes : 1) ceux qui s'y opposeront car ils détestent le changement, en général par peur, et feront tout pour que le statu quo perdure, 2) ceux qui sont neutres et passifs, en plus grand nombre dans la plupart des cas, 3) ceux qui acceptent les évolutions voire les attendent, et seront des aides précieuses.
Pour ma part, je fais en sorte de rencontrer surtout les personnes 3), et de rassurer les 2). Si la confrontation avec les 1) est inévitable, il faut écouter, se taire (!), et attendre. Après que le changement a eu lieu, ils se rendent compte qu'en fait, c'est très bien aussi.  laughing

L'autre fait auquel je prends garde est l'énergie que tout cela va demander. Quand l'effort devient très coûteux, très pénible, car l'opposition est forte, j'essaie de réduire la zone d'impact. D'être moins ambitieuse. Ou de contourner les obstacles. Sinon, gros risque d'épuisement.
J'espère que tout cela n'est pas trop confus...
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Sam 11 Juin 2016, 09:31

@CamilleG a écrit:

A quels choix fais-tu référence en particulier ?
Si tu veux dire que le monde du travail est assez désincarné, utilisant les humains comme outils générant du profit, je suis assez d'accord mais c'est difficile d'imaginer quelle pourrait être l'alternative. Ou plus exactement, chaque alternative aura d'autres défauts, parfois même pires.
Par exemple, les structures associatives centrées autour d'un idéal et non d'une rentabilité sont parfois plus asservissantes humainement que des entreprises qui demandent simplement d'user ses compétences pour développer la structure.
Je pense aussi que la société et le monde du travail sont en général basées sur le "plus grand nombre". L'organisation de beaucoup de boulots convient à l'écrasante majorité des gens qui cherche à gagner sa croûte et se payer quelques loisirs une fois sortie du bureau (cette phrase n'est pas méprisante).

Si ce système ne te convient pas, c'est probablement parce que tu attends plus d'un travail : qu'il ait un sens par rapport à tes valeurs, notamment.
C'est une exigence qui demande effectivement de s'adapter, car elle est plus minoritaire. 
Même si de récentes études montrent que de plus en plus de salariés souffrent d'"aquoibonisme" et préfèrent des jobs moins payés mais plus satisfaisants pour le développement personnel qu'auparavant.

Imaginer des solutions me semble au contraire relativement facile, c'est le système en place qui ne souhaite surtout pas en faire l'expérience.

Pour les conséquences, dire que ce serait pire, j'en suis pas sûre. Le choix de rentabilité-profit à tout prix fait quand même qu'aujourd'hui des employés sont contraints de porter des couches culottes au travail (secteur agro-alimentaire, Etats-Unis), car aller aux chiottes est nuisible à la productivité.

Après c'est sûr, ça dépend ce qu'on décide de privilégier, la dignité humaine, ou le reste.

Je pense que ce qui créé l'asservissement aujourd'hui, ou que ce soit, ce sont les décisions politiques prises au-dessus, et notamment, la décision de se concerter avec x autres pays avant de pouvoir prendre n'importe quelle décision importante (Europe), la décision d'emprunter aux banques plutôt que de créer notre monnaie (perte de notre indépendance financière, dépendance à la dette, aux banques et à leurs taux d'intérêts), la décision de la libre circulation des capitaux et marchandises (mise en concurrence mondiale des entreprises et des salariés).

Tout ceci fait qu'on ne peut plus décider de grand chose, en fait, et qu'on dispose de moins en moins d'argent pour créer de bons emplois, que ce soit dans le public ou le privé.

Après je suis d'accord, la plupart des gens ne cherchent qu'un gagne pain, surtout parce qu'on ne leur laisse plus d'autres choix, mais la plupart des gens commence aussi à craquer.

Dans mon dernier emploi, je voyais régulièrement mes collègues pétaient des plombs, l'une d'entre elles est tombée en dépression. Dans mes emplois précédents, à 2/3 exceptions près, c'est pareil, l'être humain n'est fait pas pour être considérée comme une machine jetable.

@CamilleG a écrit:

Ah oui, vaste sujet ! Smile
Dans un milieu donné, si on veut changer des pratiques, on rencontre grosso modo toujours 3 types de personnes : 1) ceux qui s'y opposeront car ils détestent le changement, en général par peur, et feront tout pour que le statu quo perdure, 2) ceux qui sont neutres et passifs, en plus grand nombre dans la plupart des cas, 3) ceux qui acceptent les évolutions voire les attendent, et seront des aides précieuses.
Pour ma part, je fais en sorte de rencontrer surtout les personnes 3), et de rassurer les 2). Si la confrontation avec les 1) est inévitable, il faut écouter, se taire (!), et attendre. Après que le changement a eu lieu, ils se rendent compte qu'en fait, c'est très bien aussi.  laughing

L'autre fait auquel je prends garde est l'énergie que tout cela va demander. Quand l'effort devient très coûteux, très pénible, car l'opposition est forte, j'essaie de réduire la zone d'impact. D'être moins ambitieuse. Ou de contourner les obstacles. Sinon, gros risque d'épuisement.
J'espère que tout cela n'est pas trop confus...

Merci beaucoup pour ton analyse, qui est très claire.
Ça m'intrigue du coup, tu fais cela au niveau du travail ?
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Dim 12 Juin 2016, 10:38

Il me semble qu'il y a toute une nuance de cas selon les philosophies d'entreprises.
Pour certaines, oui, c'est le profit pur et dur au detriment du bien-être et de la dignité des employés.  C'est terrible et c'est la dérive d'un système.  Pour d'autres, c'est le profit aussi, mais passant par l'épanouissement professionnel des gens. Ce sont des grands groupes qui ont mis en place les temps de méditation, les salles de sport ou encore la sieste pour les employés.  Certains acceptent aussi de faire venir des animaux domestiques pour réduire le stress...
Et puis, comme tu sais, il n'existe pas que des grandes entreprises soumises aux marchés financiers : les PME et TPE peuvent être des endroits très agréables ou tu as un travail très concret dont tu vois les retombées immédiates,  avec un esprit familial...etc.

Dans les sociétés non orientées vers une logique de profit,  il y a aussi des endroits de souffrance.  J'ai ainsi lu une thèse il n'y a pas longtemps sur les entreprises à fonctionnement dit coopératif (SCOP notamment) ou tous les salariés sont associés de la boîte.  Cela ne présente pas que des avantages,  parfois c'est même très dur humainement.
(La thèse à telecharger ici)

Sur le plan général,  je suis bien d'accord avec toi : l'être humain n'est pas une machine et nous ne sommes plus au temps du fordisme.  Mais certains l'ont compris. Ce serait dommage de les mettre dans le même sac que les autres... Smile

---
Et pour l'autre partie,  oui je fais cela au niveau du travail. Smile une grande partie de mon temps est consacrée à faire accepter le changement à des férus d'immobilisme (des humains, quoi)

Ah, et je n'ai pas rebondi sur le système monétaire,  à mon avis c'est tellement vaste que ça pourrait être l'objet d'un fil entier.  Very Happy

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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Dim 12 Juin 2016, 12:32

J'avais pressenti que si tu défendais un peu ce monde-là, c'est que quelque part, tu devais y être liée.
De la même manière que si je peux l'attaquer, c'est parce que je n'y ai pas de place.

Le "monde du travail" est pour moi un véritable mystère, et l'expression que tu emploies "philosophie d'entreprise" sonne comme un oxymore. Je comprends le travail, pour ce qu'il peut apporter pour soi et pour les autres, mais je ne vois plus trop l'intérêt de nombreux emplois aujourd'hui, qui détruisent et nuisent pour le profit d'une poignée d'hommes.

Là-dedans, les pauvres se résignent à aller travailler et prennent sur eux pour pouvoir payer leurs factures.
Certains aiment encore ce qu'ils font, mais une bureaucratie digne de l'ex URSS et des coupes budgétaires entreprises pour payer nos rançonneurs rendent de plus en plus leur tâche impossible.
Alors, certains tombent en dépression, et dans les grandes entreprises, ou dans l'agriculture, ou dans la police, ou dans l'enseignement, on se suicide.

Là interviennent des gens qui sont censés aider ceux qui restent, leur montrer que ce n'est pas si grave, leur apporter du confort au travail, les pousser à voir les choses autrement, mais ce que personne n'a l'air de comprendre, c'est que l'origine du mal est bien plus profond : on a vidé de leur sens la plupart des métiers aujourd'hui, et ça, aucune salle de sport ni même augmentation de salaire ne pourra y faire quoi que ce soit. Ça aidera certains à fermer les yeux, c'est sûr, mais à quel prix ?
Pour les autres, ils n'en peuvent simplement plus.

Je pense que ce sens a été perdu à partir du moment où tout a été soumis à l'économie, et qu'on a relayé les valeurs humaines au second rang. L'homme ne se nourrit pas que de pain.

Il y avait auparavant une fierté chez le boulanger, l'instituteur ou le comptable, à faire correctement son travail, là il n'y a maintenant souvent plus que de la soumission, de l'aveuglement et de la résignation.

Les gens souffrent aussi de leur perte de liberté et d'autonomie, c'est en cela que je condamne aussi les grandes entreprises, qui livrent une concurrence déloyale à toutes les petites, quand elles ne les rachètent pas.
Ces grandes entreprises, et la libre circulation des marchandises et capitaux, vident chaque jour petit à petit le pays de toutes ces petites entreprises, il y a de moins en moins de petits commerces dans les campagnes.
Et c'est en cela que je condamne aussi l’État, qui décide de plus en plus ce que les gens doivent faire et penser, qui s'ingère de plus en plus dans leur vie privée et qui tue dans l’œuf un grand nombre d'initiatives à cause de son allégeance aux traités européens.

Alors, on pourra toujours essayer de remettre un peu d'humain dans ce monde-là, mais je crois que le résultat sera illusoire, tant qu'on ne touchera pas précisément aux règles qui le régissent et entrainent toutes ces conséquences.
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Dim 12 Juin 2016, 13:27

@Ophélia a écrit:
J'avais pressenti que si tu défendais un peu ce monde-là, c'est que quelque part, tu devais y être liée.
Euh, pas tant que ça, si tu penses au monde de la grande entreprise. Même pas du tout, en fait. Je ne suis pas fan de donner beaucoup de précisions personnelles sur un forum, mais si tu veux, je pourrai t'en parler en mp. Smile

Encore une fois, en lisant ce que tu écris, je comprends surtout que tu parles du modèle de "la grande entreprise" (cotée en bourse, internationale, etc.). Mais peut-être que je me trompe.
Pour moi, le système a surtout perdu de son sens quand les marchés financiers sont devenus la préoccupation n°1 des grands groupes, devant leur coeur de métier, leur innovation...etc. Un exemple frappant étant le licenciement pour faire monter les cours de l'action, alors que la boîte n'est pas en difficulté et génère déjà des bénéfices.

Comme toi, je pense que l'État est coupable dans le sens où il applique les mêmes lois à des structures différentes : en France, une très grosse taxation qui aura pour effet
* pour les petites entreprises, de les "étrangler" comme tu le dis,
* pour les grosses structures, de les pousser à des combines juridiques pour ne pas payer l'impôt.

Moralité, les petits commerçants par exemple ont le moral en berne.

Mais je vois le problème global : les consommateurs aussi sont responsables en croyant qu'ils peuvent tout avoir pour un prix dérisoire et en s' étant détournes de la production locale. Un exemple frappant est la difficulté qu'on rencontré aujourd'hui à trouver des légumes et fruits mûrs, les gens s' étant habitués aux machins "inpourrissables" des supermarchés. Sad

Je crois que sur beaucoup de constats, nous sommes en fait d'accord.

C'est dans le détail que j'ai envie d'être positive car je vois des gens qui font réellement des choses bien, à leur niveau, des boîtes qui ne sont pas pourries. Comme dit un ami, "pessimisme global, optimisme local". Smile

Sur la réflexion large, je ne vois néanmoins pas comment on pourrait éviter l'impact de la mondialisation sur des déséquilibres d'offre et demande, avec les conséquences associées, au moins le temps de mettre en place des réglementations efficaces. Sur l'exil fiscal par ex, cela fait des années que l'on planche la-dessus.

C'est un moment délicat de l'histoire : nous sommes passés en quelques décennies d'une échelle d'état à une échelle mondiale.
Personnellement, je ne crois pas possible de revenir en arrière, être contre ou pour est un débat politique, avec des arguments de chaque côté. Mais ainsi est le monde depuis longtemps : des crises, et des ajustements... et là-dedans, je suis sûre qu'il y a la place pour les gens qui veulent faire mieux. Wink

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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Mar 14 Juin 2016, 12:29

Désolée d'avoir mal lu ton message... Ton activité m'intrigue, si tu veux m'en dire plus par MP, je suis intéressée Smile

Sinon, je parlais bien des grandes entreprises.

Après, il est évident que toute structure, en grandissant, risque de faire n'importe quoi, d'autant plus si elle a le privilège de bénéficier d'un statut anonyme et de pouvoir placer son argent un peu partout où elle le souhaite dans le monde.

Je me demande comment on a pu perdre ce bon sens, qui consiste simplement à remarquer qu'argent = pouvoir, et que grosse somme d'argent concentrée dans les mains de peu de personnes = beaucoup de pouvoir = folie. C'est quand même connu depuis l'antiquité, voire avant.

Je veux bien que des personnes arrivent encore à garder la tête froide en baignant continuellement dans le fric, mais ils sont sans doute de l'ordre de l'exception. Ensuite, comment pourraient-ils donc devenir responsables vis à vis de ce qu'ils font (les pdg, les actionnaires...), puisque la taille même, la nature même de leur entreprise ou de leur travail leur permet de ne jamais se retrouver confronter aux conséquences directes et humaines de leurs décisions sur la population ?
L'homme a déjà du mal à prendre en considération ce qu'il voit, alors pour ce qui est de ce qu'il ne voit pas...

L'autre souci aussi, c'est que ces entreprises sont apatrides, et donc, difficilement contrôlables. Le fait qu'elles puissent délocaliser leurs services, là où les hommes sont payés au lance pierre et où les normes sont moins exigeantes, voire inexistantes, est un problème.

Mais bien sûr, ce qui permet tout ceci est la politique, et plus précisément encore les décisions qui ont été prises en France au cours de ces trente dernières années.

Personnellement, j'ai bien l'impression que c'est possible, de revenir en arrière. La loi travail, ou la loi renseignement, dernières lois imposées par Bruxelles, montrent bien qu'on peut faire des sauts dans le temps, et revenir par exemple à des conditions de travail antérieures et inférieures à celles que l'on a actuellement, ou, à du flicage généralisé, qui rappelle quelques autres heures sombres de certains régimes, qui ne se sont pas vraiment illustrés dans l'histoire par leur grandeur.

Maintenant, tout empire qui s'étend est condamné d'avance à l'effondrement, tôt ou tard, comme le prouve aussi l'histoire. Alors, à quoi bon continuer dans cette voie, puisque nous savons qu'il s'agit d'un mur ?

Concernant les gens qui veulent faire mieux, j'en connais beaucoup. Ils apportent des améliorations à leur échelle et font barrage, en quelque sorte, au niveau local, mais leurs actions finissent toujours par rencontrer une limite : celle du pouvoir en place, soumis à Bruxelles, qui est à son tour soumis aux intérêts privés et aux intérêts d'autres pays que le nôtre, ainsi qu'une autre limite, celle de l'apathie de nombreuses personnes, qui n'agissent plus, pensent que leur action ne serviraient à rien, ou font autre chose.

Dans tous les cas, à force de fréquenter ce milieu, je me suis rendue compte que ça n'aura jamais l'impact que ça devrait avoir tant que les gens ne se demanderont pas pourquoi ils ne peuvent pas aller plus loin, par quoi ils sont précisément bloqués, et comment on peut sortir de ce blocage généralisé, de cet enlisement collectif.

Je sais bien que j'en demande beaucoup, mais c'est parce que je crois en l'être humain. Je pense sérieusement qu'on mérite mieux que ça, qu'on peut faire mieux que ça, et que nos gamins méritent qu'on s'intéresse un minimum de près à tout cela.
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Message(#) Sujet: Re: L'INFP, le travail et le besoin de sécurité Mar 14 Juin 2016, 13:25

@Ophélia a écrit:
Désolée d'avoir mal lu ton message... Ton activité m'intrigue, si tu veux m'en dire plus par MP, je suis intéressée Smile
Ca marche  Smile

@Ophélia a écrit:

Après, il est évident que toute structure, en grandissant, risque de faire n'importe quoi, d'autant plus si elle a le privilège de bénéficier d'un statut anonyme et de pouvoir placer son argent un peu partout où elle le souhaite dans le monde.

Je me demande comment on a pu perdre ce bon sens, qui consiste simplement à remarquer qu'argent = pouvoir, et que grosse somme d'argent concentrée dans les mains de peu de personnes = beaucoup de pouvoir = folie. C'est quand même connu depuis l'antiquité, voire avant.

Je veux bien que des personnes arrivent encore à garder la tête froide en baignant continuellement dans le fric, mais ils sont sans doute de l'ordre de l'exception. Ensuite, comment pourraient-ils donc devenir responsables vis à vis de ce qu'ils font (les pdg, les actionnaires...), puisque la taille même, la nature même de leur entreprise ou de leur travail leur permet de ne jamais se retrouver confronter aux conséquences directes et humaines de leurs décisions sur la population ?
L'homme a déjà du mal à prendre en considération ce qu'il voit, alors pour ce qui est de ce qu'il ne voit pas...
Entièrement d'accord sur l'aspect éthique. Néanmoins, je crois que c'est une réalité humaine. "Les dominés veulent l'égalité et les dominants la suprématie" disait Nietzsche (enfin je crois). C'est à peu près cela et tu l'as bien résumé : plus le pouvoir d'une personne est important, plus elle en réclame et s'éloigne de ceux sur qui son pouvoir a des conséquences.
Il me semble avoir remarqué que les milliardaires philanthropes - qui donnent des fortunes à des oeuvres de charité ou essaient d'améliorer le bien-être de leurs employés, par exemple - sont ceux qui se sont construits à partir de rien, qui ont une échelle de comparaison de la difficulté de la majorité des gens.
Les héritiers sont de plus en plus déconnectés de la réalité, et donc de plus en plus égoïstes.
Malheureusement, la France est une société d'héritiers, où la classe dirigeante s'auto-reproduit en très grande partie. L'économiste Thomas Piketty en a d'ailleurs fait la thèse de son livre très médiatisé Le Capital au XXIème siècle. Du coup, on a des élites complètement ignorantes des conditions de vie de ceux pour qui elles prennent des décisions, et qui ont oublié le sens du "bien commun".

Je ne sais pas si tu connais la "loi des 3 générations", elle me fait sourire tellement je trouve que cela se vérifie souvent : le père crée l'entreprise (en partant de rien ou presque), les enfants la maintiennent tant bien que mal, les petits-enfants la font couler.
Tu le dis un peu plus loin et je suis d'accord : aucun système de pouvoir figé ne résiste très longtemps, il n'y a pas de stabilité possible.
Je suis convaincue que nous percevons aujourd'hui des limites du capitalisme libéral, comme tu l'écris. La spéculation folle, à partir de rien - genre subprimes - a des dérives terribles et disproportionnées.

@Ophélia a écrit:

Personnellement, j'ai bien l'impression que c'est possible, de revenir en arrière. La loi travail, ou la loi renseignement, dernières lois imposées par Bruxelles, montrent bien qu'on peut faire des sauts dans le temps, et revenir par exemple à des conditions de travail antérieures et inférieures à celles que l'on a actuellement, ou, à du flicage généralisé, qui rappelle quelques autres heures sombres de certains régimes, qui ne se sont pas vraiment illustrés dans l'histoire par leur grandeur.

Maintenant, tout empire qui s'étend est condamné d'avance à l'effondrement, tôt ou tard, comme le prouve aussi l'histoire. Alors, à quoi bon continuer dans cette voie, puisque nous savons qu'il s'agit d'un mur ?
A mon humble avis, je ne mettrais pas la Loi travail et renseignement dans le même sac. Bon, pour être franche : je n'ai lu aucune des deux, juste des bribes.
Mais si la Loi renseignement me rappelle effectivement les pires heures de la Guerre froide ou autres restrictions de la sphère privée qui ont parsemé l'histoire, la Loi travail essaie d'apporter une flexibilité qui pourrait être utile aux petites entreprises.
Le problème, c'est ce que tu soulignes : ce sont les grosses qui vont en profiter pour faire n'importe quoi avec leurs salariés, comme d'habitude...

Concernant les systèmes politiques / économiques, je pense qu'il y a toujours des sortes de cycles qui amènent un système qui a fait ses preuves à un moment à se corrompre et à dégénérer. Jusqu'à aboutir à une crise, et la mise en place d'un nouveau système.
Est-ce que tu connais la théorie de l'anacyclose ? Je la trouve assez intéressante. Mon avis est que l'époque actuelle, en France, est un mélange d'ochlocratie et d'oligarchie.  Sad


@Ophélia a écrit:

Concernant les gens qui veulent faire mieux, j'en connais beaucoup. Ils apportent des améliorations à leur échelle et font barrage, en quelque sorte, au niveau local, mais leurs actions finissent toujours par rencontrer une limite : celle du pouvoir en place, soumis à Bruxelles, qui est à son tour soumis aux intérêts privés et aux intérêts d'autres pays que le nôtre, ainsi qu'une autre limite, celle de l'apathie de nombreuses personnes, qui n'agissent plus, pensent que leur action ne serviraient à rien, ou font autre chose.

Dans tous les cas, à force de fréquenter ce milieu, je me suis rendue compte que ça n'aura jamais l'impact que ça devrait avoir tant que les gens ne se demanderont pas pourquoi ils ne peuvent pas aller plus loin, par quoi ils sont précisément bloqués, et comment on peut sortir de ce blocage généralisé, de cet enlisement collectif.

Je sais bien que j'en demande beaucoup, mais c'est parce que je crois en l'être humain. Je pense sérieusement qu'on mérite mieux que ça, qu'on peut faire mieux que ça, et que nos gamins méritent qu'on s'intéresse un minimum de près à tout cela.
Du coup, j'ai envie de te demander aussi : dans quel milieu travailles-tu ? (pareil, si tu préfères le mp, pas de problème Smile )

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