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 Projections, présomptions...

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Message(#) Sujet: Projections, présomptions... Projections, présomptions... Icon_minitimeLun 24 Aoû 2015, 20:07

Voilà un article synthétique sur la notion de projection et d'empathie que j'ai trouvé ici dans un post de Chase :


http://www.1001nuits.org/index.php?title=Projection_et_empathie

Cette histoire de projection et d'empathie semble bien réelle, propre à l'humain. Il est difficile de ne pas reconnaître certains comportements observés qui vont dans ce sens, notamment concernant soi-même. Sur la notion, je ne m'aventurerai pas sur le terrain de la psychanalyse freudienne car je ne maîtrise pas assez. D'un point de vue MBTI/jungien, la fonction inférieure peut être notamment l'objet de ces projections.

Je voudrais essayer de tourner la chose d'une autre manière. Je pense qu'il y a quelques failles avec cette grille de lecture aussi brillante soit-elle dans le constat qu'elle pose parfois, dans l'utilisation de celle-ci par un esprit brouillé : le risque d'un raisonnement qui se mordrait la queue et qui s'autovaliderait en prêtant à "l'autre" des projections lorsque celui-ci a l'entreprise ambitieuse de vouloir imposer un nouveau cadre après un constat raisonné, ou bien en soulignant le défaut ou la faiblesse du premier...
Du coup le jugement implacable et péremptoire de la projection peut devenir une "arme" contre celui qui s'oppose à nous, un peu comme les concepts que l'on agite pour identifier et se parer contre les tendances pernicieuses des autres et finalement pondre une logorrhée fromage blanc justicier pourfendeur des méchants, du même genre que sur les questions sociales et politiques ci-dessous :

- "olala attention il faut ne pas faire d'amalgames entre X et Y, attention aux clichés".

- "Les hommes qui remettent en cause la manière dont les féministes parlent de féminisme sont des misogynes qui s'ignorent".

- "oh machin a dit qu'il fallait sortir de l'euro, Le Pen dit pareil d'ailleurs il reprend les mêmes éléments de langages c'est louche tout ça..." et hop un petit article dans Libé ou autre média pour donner la liste de ceux qui ont émis un élément commun, aussi infime soit-il, avec un/des indésirable(s).

- "les homophobes sont dégueulasses. Moi je suis tolérant avec les homos même si j'aime pas me faire draguer par eux".

Ah bah tient, ça ressemble étrangement au mécanisme de "projection" énoncé justement. Ce qui est dangereux et très subtil c'est qu’une accusation de projection risque d'entrer de facto dans le mécanisme qu'elle cherche a décrire, et qui peut êtreprétendument observé à l'écart de sa subjectivité, même s'il est dit que le voir chez soi permet de le détecter plus facilement chez d'autres. Ça devient par contre rapidement fumeux lorsqu’on a affaire à une accusation dans la forme. Mais la forme accusatoire peut justement être difficile à distinguer du constat détaché pur et simple, c'est là tout le problème. Dans cet article de synthèse, avec la manière dont il est écrit, franchement, le doute est largement possible. Si cette dernière (la projection) n'en est pas moins réelle au sein des esprits les plus étroits, celui qui énonce le phénomène n'en est pas nécessairement épargné, même dans la définition qu'il en donne. D'ailleurs, l'auteur de l'article nous parle d'une voie "du milieue" sur la question politique et spirituelle. Ce fantasme philosophico-politico-social vieux comme la société elle-même peut se rapporter à un procédé rhétorique fort habile qui consiste à mettre dos à dos deux tendances opposées et de s'ériger en figure statutaire placée au-dessus de ces querelles dites stériles. Une habitude notable vous l'aurez remarqué chez certains présidents de la République, les centristes, le FN ou les faux marginaux (oh ben c'est bizarre c'est juste une posture...quoi, je présume ce qu'ils n'ont pas dit ? Smile )

En fait, ça rejoint un sujet un poil plus vaste, mais qui en est probablement la racine de tout ceci, celui de la présomption de pensée. Un monde dans lequel on baigne particulièrement à notre époque, parce que toute parole ou presque peut laisser une trace (internet > blog, twitter, chez son psy, au boulot, au téléphone...), et où l'on voit fleurir depuis des années l'influence de la "communication" et ses modalités dans la vie ou en entreprise, qu'elle soit privée ou publique. Le monde médiatique en est d'ailleurs le temple. Un monde où ce qui est dit ne veut pas vraiment dire ce qui a été dit, ce qui n'est pas dit vaudrait mille mots, l'implicite peut être ici ou là et peut signifier blanc ou noir selon du point de vue où l'on se place, du coup une phrase peut tout dire en même temps. Si on dit tout, on n’est pas lisible, mais si on en dit pas assez on prend le risque que l'on soupçonne une pensée non dite. Ne rien dire, comme le fait d'en dire trop, supposerait la présence d'une éventualité malsaine dans notre cerveau  - présumé lui aussi malade évidemment - aux intentions démasquées et où les mystères de celui-ci seraient annihilés. Un envahissement du subliminal et du caché - caché, mais pas trop quand même - qui nourrit dans le même temps le citoyen moyen et moderne (car le citoyen moyen est moderne oui), apprenant des méthodes pour décoder tout ça (comment reconnaître un pervers narcissique ???? Comment les médias nous manipulent ???? Pourquoi mon mari/ma femme agit de cette manière ????), la psychologie de comptoir pour ménagère, les bouquins traitants des méthodes de drague en tout genre pour puceaux, comment mieux négocier et convaincre, les formations en PNL, etc.; qui font mouche. Evidemment tout ceci est utile à petite dose, je suis moi-même à enclin à optimiser mon rapport avec les autres et à gérer mon attitude en fonction de X ou Y situation. Cependant, à l'excès, on pense tout savoir sur untel en lui appliquant un modèle bien huilé, pratique et ad hoc selon la situation puis en s'adaptant en conséquence, ce qui permet à beaucoup de se rassurer face à l'éventualité de ne pas savoir ce qu'il en est vraiment.
Le soupçon est roi. Alors tout est possible, on prête des intentions au moindre fait ou non fait, tout devient autre autre chose et ce autre chose peut devenir un autre encore.

Une fois le constat fait, si on se met maintenant à la place de celui qui se pense exagérément lucide sur la projection des autres : je (je impersonnel) peux dire aussi que mon inconscient parle à ma place à chaque fois que j'ouvre ma bouche et que je suis aliéné par ce dernier, et dans mon inconscience manifeste et mes motivations dangereuses que l'on me prêterait par essence, j'arriverais quand même à souligner celui des autres par la clairvoyance habile d'une objectivité animée d'une logique implacable qui m'habiterait, et en le faisant je me place automatiquement et malgré moi dans une position surplombante qui me sortirait de ma condition humaine, c'est à dire plus un être limité et soumis à des motivations inconscientes. Position contradictoire qui supposerait de sortir de "soi" pour saisir ce que les autres n'auraient pas saisi sur eux-mêmes. Finalement, le plus lucide ne serait pas le jemenfoutiste, voire le mini-connard "ligth" plutôt amoral, qui "use" modestement de l'étroitesse d'esprit des autres tout en acceptant les limites du sien sans vouloir réformer qui que ce soit et en se contentant d'OBSERVER, et non celui qui se fourvoie dans la position de celui qui veut révéler aux autres la profondeur abyssale de leurs problèmes et épurer leurs troubles par sa sagesse ultime et ses connaissances ? La différence c'est que le premier voit SON problème ET AUSSI celui des autres.

Le serpent se mord la queue. L'imbécile présume, projette parfois... et le sage, autoproclamé par lui-même (dans son inconscient, toujours), investi de son humilité profonde, "présume" la présomption/projection du premier avec brio. Bien joué, il joue un niveau au-dessus.

Et après ? Qui le regarde lui ? Et qui regarde celui qui regarde "l'imbécile" ?
À votre avis, pourquoi c'est par le biais des outils de développements personnels ou tout ce qui a trait à la spiritualité, la recherche de sens et l'élévation de soi que le risque de suggestion et de manipulation est le plus grand...? (à mon avis). La puissance de suggestion d'un système décrivant les biais de la Psychée (oui avec une majuscule  clown ) ou la cohérence théorique d'un modèle interprétatif peut être aussi brillante que dangereuse. Ça peut être terriblement efficace pour perturber la perception identitaire de quelqu'un (un ado par exemple, de fait encore en construction)

Ce que je constate au sein de ces "modes" contemporaines à faire dire aux choses ce qu'elles n'ont pas dit ou fait (issues probablement de la psychanalyse freudienne), c'est qu'il y a souvent à mon avis des jugements de valeur que l'on cherche à rationaliser par des biais interprétatifs.
Du coup, je pense que l'énnéagramme, par le postulat de motivations inconscientes ou de mécanismes de défense (Gurdjieff ne semblait pas avoir que des intentions lumineuses...) et même la notion décrite ici de projection/empathie peuvent être des formidables outils de manipulation utilisées dans les mains des monomaniaques de la présomption factice (oulala c'est moi qui projette qui sais...), même quand parfois les constats ont l'air de toucher juste. Le piège peut se refermer très habilement. Mais justement, est-on toujours dans le constat ? Tout modèle que l'on plaque, qui par essence possède un socle idéologique ou part d'un postulat de départ, peut tomber dans cet écueil, et le constat objectif dépassant la spéculation théorique séduisante peut passer au second plan. La supposition en roue libre devient reine et on ne voit plus rien. Ce que je dis est valable avec le MBTI à un certain degré...

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